L’acuité du regard

Tout d’abord, il importe de répéter que moraliste n’est pas synonyme de censeur ou moralisateur. Le moraliste n’est jamais prescripteur ni normatif, d’autant qu’il ne se fait guère d’illusions sur l’utilité des recommandations que l’on dispense à autrui : “Le conseil, si nécessaire pour les affaires, est quelquefois dans la société nuisible à qui le donne, et inutile à celui à qui il est donné.” (“De la Société”, 64). Inutile à qui le reçoit, car celui-ci est trop aveuglé par ses passions pour en profiter (ainsi Lise, “Des femmes”, 8); nuisible à qui le donne: le moraliste, trop lucide, trop déplaisant par sa vision exacte et son aptitude à débusquer les vices et les ridicules, ne parviendra qu’à se faire détester de tous ceux qu’ils voudraient secourir.

Par ailleurs, si le moraliste évite d’asséner des vérités, ce n’est pas seulement, comme le pense Patrice Soler, parce qu’elles seraient évidentes à déduire de ses portraits et maximes 1)“La prescription est sous-jacente à la peinture. La peinture morale, à l’époque, comme la peinture tout court, se charge d’un docere : elle a une valeur protreptique”, Patrice Soler, op. cit., p. 14. Plus profondément, si La Bruyère inquiète, s’il déstabilise, s’il remet en cause les certitudes, c’est aussi parce que le message et l’instruction sont souvent brouillés. Des deux portraits de Phédon et Giton, à la fin du chapitre “Des biens de la fortune”, on ne saurait distinguer le modèle et le repoussoir. Le portrait du roi, au fur et à mesure que les éditions se succèdent, devient de plus en plus résversible, et les éloges labiles; le grand portrait de Louis XIV en “Du Souverain”, 35, lui-même d’une ambiguïté croissante, a été par avance miné en X, 29. Il serait bien difficile de tirer une leçon claire et univoque des Caractères. Il n’y a pas à s’en étonner : un moraliste n’est pas un redresseur des comportements éthiques jugés déviants ; il est d’abord un observateur : c’est le coeur de son existence et de son activité, estime La Bruyère : “le philosophe consume sa vie à observer les hommes” (“Des Ouvrages de l’esprit”, I, 34). La critique a perçu très tôt l’importance du regard chez l’auteur des Caractères : Sainte-Beuve considérait que La Bruyère était “au balcon pour tout voir”. Van Delft, qui le cite, inscrit La Bruyère dans une histoire du “spectateur”. E. Bury a étudié et conceptualisé “l’optique” de La Bruyère, passé maître dans cet art de croquer sur le vif des détails. Le moraliste, avant de proposer une morale, pose des constats. D’où l’importance de la vision et du visible : les Caractères sont des “peintures morales”, dans la tradition de l’ouvrage du Père Le Moyne (1643-1645), lui-même héritier des Iconologies et autres livres d’emblème, dont le grand modèle est celui de Cesare Ripa (1593-1603). Un livre d’emblèmes était, au XVIe et XVIIe siècles, un livre illustré de gravures associant un texte et une image à caractère allégorique et à vocation d’édification. Les portraits du pauvre et du riche (“Des Biens de la fortune”, 83), héritent encore lointainement de cette structure picturale et graphique de l’emblème 2)voir la pauvreté selon L’Iconologie de Ripa, 1593, traduit par J. Baudoin en 1643: ils nous donnent à voir deux personnages, avant de nous en délivrer la clef pour les décrypter.

Ripa - Iconologie - 1643 - p. 138 - pauvrete.jpg

Le paradigme visuel, omniprésent, est sensible par exemple dans “De l’Homme, 156”: celui qui n’a vu que des hommes polis, etc.”. La question de la vision est un “leitmotiv”, estime E. Bury 3)“L’optique de La Bruyère”, dans L’Optique des moralistes, op. cit..

Encore faut-il être capable de voir. Le talent de regarder n’est pas donné à tous. “Avoir de bons yeux”, certes, nous engage à remuer la boue, pour découvrir la vérité sordide derrière les apparences trompeuses : ce n’est pas toutefois pour autant “être libertin”, comme nous en prévenait Cléante, c’est bien plutôt être moraliste 4)“C’est être libertin que d’avoir de bons yeux”, Tartuffe ou l’Imposteur, I, 6. Attentif au détail, le moraliste ne se propose pourtant pas de croquer des petits faits pittoresques : c’est la nature et la condition de l’homme dont il cherche à percer le secret à travers ces observations. Voir, pour La Bruyère, ce n’est pas rester prisonnier des apparences, mais au contraire, les traverser. Débusquer le fond de l’être à partir des détails, tel est le projet qu’expose l’auteur des Caractères : « il n’y a rien de si délié, de si simple et de si imperceptible, où il n’entre des manières qui nous décèlent », c’est-à-dire qui désignent notre caractère (« Du mérite personne », I, 37). Le regard du moraliste est, littéralement, un regard perçant, il traverse les surfaces chatoyantes et illusoires : “Il ne faut pas juger les hommes comme d’un tableau ou d’une figure, sur une seule et première vue : il y a un intérieur et un coeur qu’il faut approfondir” (“Des Jugements”, 27). Si La Bruyère est “spectateur”, pour reprendre le titre de l’étude de L. Van Delft, ce n’est pas seulement qu’il se tient en retrait, comme depuis le parterre ou la loge: c’est bien plutôt qu’il tient la place du Spectateur-Juge suprême, Dieu, qui voit les hommes comme sur une scène, mais à qui seul est donné de sonder les reins et les coeurs, et de percer le secret de leurs motivations aussi bien que la réalité de leur essence. Ainsi Philémon, qui roule carrosse et porte des étoffes luxueuses : “l’on écarte tout cet attirail qui [lui] est étranger, pour pénétrer jusques à [lui], qui n’es[t] qu’un fat”. (“Du Mérite personnel”, 27). Certes, la comédie sociale masque plus qu’elle ne révèle un “moi profond” (Van Delft), mais La Bruyère, au contraire de l’auteur de La Recherche, estime toutefois que, pour qui sait les voir, la vie en société porte des indices de l’existence affective et morale enfouie au coeur de l’être. L’art du moraliste consiste dans la détection, à partir de traces à décrypter, des secrets des humains. Le moraliste n’en reste pas à l’or de Philémon qui “éclate” avec tant d’ostentation : il veut toucher le “tuf” (“De la cour”, 83), et voir “la corde” (“Du mérite personnel”, 40). Ainsi, la croix d’or, emblème de la vanité de Théonas, ne suffit pas à susciter l’admiration du moraliste pour le prélat. Bien au contraire, la brigue et l’ambition de ce dernier sont d’autant plus impardonnables qu’elle sont le fait d’un ecclésiastique (“De la cour”, 52). L’essentiel de l’entreprise des Caractères consiste à voir, finement, en distinguant la vérité de sa caricature : la vraie noblesse, et non le train de vie tapageur des parvenus; la vraie honnêteté, et non la politesse élégante des arrivistes, qui n’est que le fruit de la vanité (c’est “sa vanité” seule qui a fait Ménippe “‘honnête homme”, “De l’homme”, 40, c’est-à-dire lui en a donné le dehors). D’une façon générale, c’est l’acuité de la vision qui permet au moraliste de repérer toutes les falsifications du siècle : “ce qu’on voit” dans le monde, comme à la cour selon Mme de Chartres, “n’est presque jamais la vérité”. Il faut bien regarder pour bien décrypter  : les fausses apparences, mais surtout les fausses valeurs qui prennent la place des vraies. Il faut, pour le résumer d’un mot, “démêler les vices et les ridicules” (I, 34), comme on démêlerait les fils enchevêtrés d’une pelote de laine. Art difficile, car les objets qu’étudie le moraliste sont mobiles et fuyants : les hommes sont des caméléons, ou du moins, comme Ménippe ou Dyphile, des paons et des oiseaux aux couleurs chamarrées et variables, ondoyants et divers, mobiles, en perpétuelle métamorphose, toujours changeant de masques et de déguisements. “Ménippe est l’oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui” (“Du mérite personne”, I, 40). De même Euthycrate : “Un homme inégal n’est pas un seul homme, ce sont plusieurs”, etc., “De l’homme”, 6). La raison de la cyclothymie qui caractérise ce personnage n’est pas aisée à discerner; la fin du texte nous en donne toutefois la clef : le fond de son être, c’est un égoïsme forcené qui le rend amnésique et indifférent à tout autre qu’à lui-même. Découvrir ainsi l’être stable sous ces camouflages, ces artifices, et cette “inconstance du coeur” (“De l’Homme”, 4), tel est l’art difficile du moraliste  : “Ainsi tel homme au fond et en lui-même ne se peut définir : trop de choses qui sont hors de lui l’altèrent, le changent, le bouleversent ; il n’est point précisément ce qu’il est ou ce qu’il paraît être.” (“De l’Homme”, 18). La conclusion est essentielle : ce n’est pas que son essence est instable, c’est plutôt que l’apparence la maquille. Si l’être humain semble protéiforme, c’est qu’il est vicié par un amour-propre dont la caractéristique foncière, ainsi que l’avait montré La Rochefoucauld, est la métamorphose incessante : “ses souplesses ne se peuvent représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses” 5)La Rochefoucauld, Maximes, Maxime supprimée, 1.

Au demeurant, la capacité à voir et discerner avec clarté n’est pas tout : le but du moraliste étant de montrer aux hommes leur vérité – leur rendre ce qu’il leur a emprunté – tout l’art du moraliste consiste non seulement à voir, mais à faire voir quitte à faire peur, comme le faisait Socrate en son temps (“Des Jugement”, 66). La représentation (comme simple reproduction passive) n’a de sens que si elle est mise en mouvement dans une dynamique, si elle devient une force  capable d’influencer le lecteur. L’enjeu est rhétorique : il s’agit de persuader. Pour le dire en jouant sur deux termes chers à l’ancienne éloquence : l’enargeia (ou evidentia, effort de clarté et d’évidence) tend à l’energeia, l’énergie et la force d’un discours en mesure d’agir sur les âmes afin de les réformer 6)Voir Juliette Dross, « Texte, image et imagination : le développement de la rhétorique de l’évidence à Rome », Pallas, 93 | 2013, 269-279, en ligne. Il faut donc non seulement voir, mais faire voir. Et pour faire voir, il convient d’ajuster le regard. Il n’est pas aisé de montrer l’identité véritable sous les épaisseurs de mensonges variables et renouvelés : comment fixer le portrait d’un vrai libertin qui passe pour un dévot (“De la mode”, 19)? Koppisch  7)“Le dialogue de Molière et La Bruyère”, in Le Métier du moraliste. Tricentenaire de La Bruyère (1996), Actes du colloque de Paris, 8-10 novembre 1996, Paris, Champion, 2001, p. 29; voir aussi son The Dissolution of Character. Changing Perspectives in La Bruyère’s Caractères, 1981. estime que le faux-dévot n’a pas de “noyau intérieur stable”; on peut estimer au contraire qu’il possède, à défaut d’identité permanente, un principe qui suffit à le définir, quels que soient les masques qu’il emprunte : l’intérêt. L’intérêt sait se dissimuler sous des masques différents selon les lieux et les temps, ce qui le rend d’autant plus difficilement détectable : “Un [faux] dévot est celui qui sous un roi athée serait athée” (“De la mode”, 21). Une telle maxime possède une valeur méthodologique et ouvre la voie à une herméneutique : c’est en regardant son objet sous un autre angle (ici, en imaginant le dévot à la cour d’un agnostique), en faisant varier les lieux et les temps, que l’on peut tenter d’approcher sa vérité dissimulée. L’oeuvre du moraliste consiste avant tout dans cette mise en perspective, tant dans l’espace que dans le temps, car c’est un certain recul (historique ou spatial), assorti d’un décalage de point de vue, qui donne une perception juste des choses. Ainsi la diversité des coutumes, qu’il faut considérer depuis le point de perspective exact, faute de quoi nous ne pourrons les juger correctement : “nous sommes trop éloignés de celles qui ont passé, et trop proches de celles qui règnent encore, pour être dans la distance qu’il faut pour faire des unes et des autres un juste discernement.” (“Discours sur Théophraste”, p. 68). Pascal disait déjà  :

“ Si on est trop jeune on ne juge pas bien, trop vieil de même. Si on n’y songe pas assez, si on y songe trop on s’entête et on s’en coiffe. Si on considère son ouvrage incontinent après l’avoir fait, on en est encore tout prévenu, si trop longtemps après, on n’y entre plus.” (Pascal, Pensées, éd. Sellier, fr. 55)

Pour résoudre cette difficulté, La Bruyère adopte volontiers, avant Montesquieu, le regard du Persan, le seul qui puisse permettre de porter, de biais un regard adéquat sur notre société : par exemple en “Des Jugements”, 24, lorsqu’il imagine le regard posé par les Orientaux sur notre habitude de consommer de l’alcool et de nous enivrer.
Trouver le point focal qui permette d’échapper aux apparences trompeuses, la mise au point correcte qui révélera les noirs “replis” de l’âme sous le faux brillant et l’élégance des gens du monde élégants et affairés : c’est tout le travail du moraliste. L’écriture moraliste est un prisme. En apparence miroir déformant, peignant une galerie de “monstres” (“Des Jugements”, 66) et de bêtes curieuses ; en réalité miroir exact car il reflète la vérité du coeur et non la séduction du paraître: l’homme n’est qu’un monstre déguisé sous des oripeaux empruntés. Le regard et le reflet sont moins déformants que reformants, justes dans la mesure où il révèle la monstruosité du coeur. Car le moraliste est s’il on veut un peintre et un imitateur, mais un peintre de la nature profonde, non de la surface brillante et mensongère   :

Il ne faut pas juger des hommes comme d’un tableau ou d’une figure, sur une seule et première vue : il y a un intérieur et un cœur qu’il faut approfondir. Le voile de la modestie couvre le mérite, et le masque de l’hypocrisie cache la malignité. Il n’y a qu’un très petit nombre de connaisseurs qui discerne, et qui soit en droit de prononcer” (“Des jugements”, 27).

L’anecdote, l’extériorité, le petit détail pittoresque ne valent que tant qu’ils sont les révélateurs d’une âme, et de sa dépravation : rien ne serait plus inexact que de ne voir en La Bruyère qu’un écrivain habile à croquer des comportements, des ridicules purement extérieurs : ce sont les faux-semblants qu’il débusque, les penchants profonds des hommes que leurs attitudes peuvent révéler, ou au contraire, et plus souvent, masquer : si de temps en temps “le voile de la modestie couvre le mérite”, bien plus souvent “le masque de l’hypocrisie cache la malignité”. Comme le suggère Brody 8)“La Bruyère : le style d’un moraliste”, CAIEF, 1978, p. 146, La Bruyère distingue les moeurs de la morale : courtisans, coquettes et hommes du monde possèdent à merveille les codes de la société, évoluent avec aisance et élégance dans cet univers en apparence courtois, civil et bienséant, mais dont l’ordre apparent n’est qu’une folie : ainsi les Sannions, magistrats qui jouent aux brillants aristocrates et prétendent côtoyer les Bourbons, mènent grand train, affichent leurs armoiries, mais commettent des erreurs judiciaires mortelles au moment de rendre la justice (“ils viennent de faire pendre un homme qui méritait le bannissement”, p. 297, “De la Ville, 10). La stupidité criminelle des Sannions passerait aisément inaperçue aux yeux du monde. Le moraliste, ici comme souvent, est celui qui ôte les masques, et fait ainsi éclater les dissonances entre le réel et les apparences, rétablissant par là la hiérarchie des valeurs :  la “haute justice” prétendue des Sannions n’est que profonde et cruelle injustice. On retrouve l’idéal d’un La Rochefoucauld, qui faisait placer au frontispice de ses Maximes un Amour arrachant le masque de Sénèque. Le moraliste doit voir, mais son oeuvre n’est pas un simple miroir qu’il suffirait de promener le long d’un chemin : il doit bien plutôt rétablir la transparence, lever “l’opacité” du monde 9)E. Bury, “L’optique de La Bruyère”, art. cit., p. 253, pour tenter de trouver la vérité, souvent peu reluisante, du coeur, et révéler aussi les déviances d’un système social, judiciaire et politique perverti. Ce moraliste, comme peintre et un conseiller des âmes, La Bruyère aime à se le représenter en “philosophe”, au sens de chasseur de sagesse plus que de vérité univoque (son livre “chercher moins à rendre [les lecteurs] savants qu’à les rendre sages”, p. 73). Mais il est un philosophe soucieux de style et d’écriture: il est aussi un “écrivain” (p. 119).

Frontispice des Maximes de La Rochefoucauld (1665)

 

Observateur, le moraliste est aussi un cartographe, qui dresse des plans minutieux de l’esprit humain. Joseph Hall, traducteur de Théophraste en Angleterre, et lui-même traduit en français, considérait un recueil de caractères comme une carte   :

“un ouvrage de caractères […] constitue une mappemonde sur laquelle figurent comme autant de pays et de bourgades, les différents caractères qui se rencontrent dans le monde sublunaire […]. L’auteur de caractères lève la carte des lieux moraux.” 10)Cité par Louis Van Delft, “Littérature et anthropologie: le ‘caractère’ à l’âge classique”, in Le Statut de la littérature. Mélanges Paul Bénichou, 1982.

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References   [ + ]

1. “La prescription est sous-jacente à la peinture. La peinture morale, à l’époque, comme la peinture tout court, se charge d’un docere : elle a une valeur protreptique”, Patrice Soler, op. cit., p. 14
2. voir la pauvreté selon L’Iconologie de Ripa, 1593, traduit par J. Baudoin en 1643
3. “L’optique de La Bruyère”, dans L’Optique des moralistes, op. cit.
4. “C’est être libertin que d’avoir de bons yeux”, Tartuffe ou l’Imposteur, I, 6
5. La Rochefoucauld, Maximes, Maxime supprimée, 1
6. Voir Juliette Dross, « Texte, image et imagination : le développement de la rhétorique de l’évidence à Rome », Pallas, 93 | 2013, 269-279, en ligne
7. “Le dialogue de Molière et La Bruyère”, in Le Métier du moraliste. Tricentenaire de La Bruyère (1996), Actes du colloque de Paris, 8-10 novembre 1996, Paris, Champion, 2001, p. 29; voir aussi son The Dissolution of Character. Changing Perspectives in La Bruyère’s Caractères, 1981.
8. “La Bruyère : le style d’un moraliste”, CAIEF, 1978, p. 146
9. E. Bury, “L’optique de La Bruyère”, art. cit., p. 253
10. Cité par Louis Van Delft, “Littérature et anthropologie: le ‘caractère’ à l’âge classique”, in Le Statut de la littérature. Mélanges Paul Bénichou, 1982.