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Jean Lesaulnier

Une « bonne famille » : Les vingt enfants de l’avocat Antoine Arnauld et de Catherine Marion

 



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Quand on examine de près la composition de la communauté des religieuses de l’abbaye de Port-Royal au XVIIe siècle, on ne peut qu’être frappé par l’histoire des grandes familles qui en constituent le socle, et parmi elles la famille Arnauld tient une place de choix.

L’abbaye de Port-Royal fut profondément marquée par cette famille, dont trois filles furent abbesses, et bien d’autres religieuses ou pensionnaires, sans oublier des parentes des familles Arnauld et Marion de Druy [1]. « C’était, au commencement du dix-septième siècle, ce qu’on appelait une bonne famille que celle des Arnauld, une solide et ancienne maison, peut-être noble, à coup sûr de condition notable, pleine de services et de mérités évidents, en charge près es grands et dans leurs conseils, parfaitement appuyée, apparentée même à des seigneurs, et poussée de toutes parts dans la guerre, dans les finances et au Palais [2] ».

Le chef de famille, Antoine Arnauld l’avocat, épouse Catherine Marion le 1er avril 1585 : il a près de vingt-cinq ans, étant né le 6 août 1560, tandis que Catherine, née le 13 janvier 1573 n’en a qu’un peu plus de douze. « Il avait succédé à son père [Antoine Arnauld de La Mothe] dans la charge de procureur général de la reine Catherine de Médicis, qu’il exerça jusqu’à la mort de cette princesse. En devenant quitte de cette charge, il laissa en même temps celle d’auditeur des comptes qu’il y joignait, pour se livrer tout entier au barreau [3] ». Catherine Marion était la fille de Simon Marion, avocat, puis président des Enquêtes et, pour finir, avocat général.

Le couple des Arnauld aura vingt enfants, selon les témoignages de leur fils Robert et de leur fille Catherine ; le premier de ces enfants a été baptisé le 27 janvier 1688 et le dernier est né le 6 février 1612 : ils se prénomment tous les deux Antoine, le premier étant décédé à quelques jours, et le dernier, Antoine le théologien, mort à quatre-vingt deux ans. Ainsi, en moins de vingt-cinq ans, Mme Arnauld mit au monde un enfant presque chaque année.

Selon Catherine Arnauld, épouse d’Isaac Le Maistre, Catherine Marion eut en tout onze fils et neuf filles [4]. Sur vingt enfants, dix moururent en bas âge [5]. Ils furent baptisés à l’église parisienne de Saint-Merri, la paroisse de leurs parents, à l’exception d’au moins quatre d’entre eux, qui reçurent le baptême à Tours, où, avec plusieurs membres de la famille ils étaient allés « s’installer […] avec une fraction importante du Parlement » [6]. Veuve le 29 décembre 1619, elle devint religieuse au monastère de Port-Royal de Paris, où elle mourut le 28 février 1641.

Seuls deux des enfants Arnaud fonderont à leur tour une famille : Catherine, qui aura plusieurs fils de son mari Isaac Le Maistre [7], et Robert Arnauld d’Andilly, qui, marié à Catherine Lefèvre de La Boderie, aura quinze enfants [8].

Les vingt enfants Arnauld [9]

1. Antoine (Paris, baptême le 27 janvier 1588 - Paris, 30 ou 31 janvier 1588).

2. Robert (Paris, bapt. 20 mai 1589 - Port-Royal des Champs, 27 septembre 1674).

3. Catherine (Tours, 9 juin 1590 - Port-Royal des Champs, 22 janvier 1651).

4. Jacqueline (Tours, 8 septembre 1591- Port-Royal de Paris, 6 août 1661).

5. Anne (Tours, 1592 - Paris, 1er janvier 1653).

6. Jeanne (Tours, 31 décembre 1593 - Port-Royal des Champs, 19 février 1671).

7. Antoine (Paris ?, automne 1594 - Paris ?, 1598 ?).

8. Anne ? (Paris ?, août 1595 ? - ?).

9. Simon (Paris, bapt. 20 mai 1696 - Paris ?).

10. Henri (Paris, 30 octobre 1597 - Angers, 8 juin 1692).

11. Pierre ? (Paris, 1598 ou 1599 - ?).

12. Marie (Paris, 23 avril 1600 - Port-Royal de Paris, 15 juin 1642).

13. Madeleine (Paris, bapt. 20 octobre 1601 - Paris ?, après le 6 février 1612).

14. Simon (Paris, 16 décembre 1603 - près de Verdun, 2 juillet 1639).

15. Antoine (Paris, bapt. 22 mars 1607-  ?).

16. Madeleine (Paris, bapt. 22 mars 1607- ?).

17. Madeleine (Paris, bapt. 1er novembre 1608 - Port-Royal de Paris, 3 février 1649).

18. Jean ? (Paris ?, 1609 ou 1610 - Paris ?, après le 6 février 1612).

19. Claude ? (Paris ?, 1611 - Paris, 1611 ?).

20. Antoine (Paris, 6 février 1612 - Bruxelles, 8 août 1694).

Notes complémentaires sur les enfants Arnauld

Le premier enfant des Arnauld a été baptisé à l’église parisienne de Saint-Merri le mercredi 27 janvier 1588, le jour ou le lendemain de sa naissance ; il y a reçu le prénom d’Antoine, comme son père et son grand-père paternel, Antoine, seigneur de La Mothe-Arnauld (1490 ? - 1585). « Il ne vécut que cinq jours », écrit Catherine Arnauld, épouse Le Maistre [10].

Le deuxième enfant est Robert, dit M. d’Andilly à partir de 1624, baptisé dans la même paroisse que le précédent fils le lundi 20 mai 1589. Il épouse, à l’été 1613, Catherine Lefèvre de La Boderie, qui donnera naissance à quinze enfants, dont Simon Arnauld de Pomponne, et quatre religieuses de Port-Royal ‒ Angélique de Saint-Jean, future abbesse du monastère est l’une d’elles. Robert perd sa femme en 1637 et se retire à la fin de sa vie à l’abbaye de Port-Royal des Champs, où il meurt le 27 septembre 1674.

Le troisième enfant est Catherine, née sans doute à Tours, le mardi 9 juin 1590. En février 1605, elle épouse Isaac Le Maistre, conseiller du roi, de confession protestante ; le couple a plusieurs fils : un premier enfant, qui ne vit pas, puis Antoine (1608 -1658), mort Solitaire à Port-Royal des Champs, Jean (1608 ou 1610 - vers 1690), Simon (1612 - 1650), Louis-Isaac, dit M. de Sacy (1613 - 1684) et Charles (1614 ? - 1652). Le couple d’Isaac Le Maistre et de Catherine se sépare, de manière définitive, après dix ans de mariage environ : les enfants vont demeurer à l’hôtel des Arnauld, rue de la Verrerie, avec leur mère. Isaac Le Maistre meurt au début de septembre 1640. Catherine devient religieuse à l’abbaye de Port-Royal, sous le nom de Catherine de Saint Jean. Elle y fait profession en 1644 et meurt au monastère des Champs le 22 janvier 1651.

Le quatrième enfant de la famille est Jacqueline, née à Tours le 8 septembre 1591, plus connue sous son nom de religion : Angélique de Sainte-Madeleine, qui est pourvue de l’abbaye de Port-Royal à huit ans, fait profession le 29 octobre 1600 : elle est bénie abbesse de Port-Royal le 29 septembre 1602 ‒ on l’appelle la mère Angélique. Réélue abbesse à plusieurs reprises, elle meurt à Port-Royal de Paris le 6 août 1661.

Le cinquième enfant Arnauld se prénomme Anne : née à Tours en 1592, elle devient religieuse de Port-Royal sous le nom d’Anne-Eugénie de l’Incarnation. Elle confirme son âge, vingt-huit ans en 1620, dans un mémoire qu’elle compose elle-même [11] ; elle meurt à Port-Royal de Paris le 1er janvier 1653.

Le sixième enfant de la famille est Jeanne, née le 31 décembre 1593 et baptisée le lendemain dans l’église de la paroisse de Saint-Pierre-du Boile, à Tours, selon son acte de baptême [12]. Elle devient religieuse et abbesse de Port-Royal sous le nom d’Agnès de Saint-Paul : on la connaît sous le nom de la mère Agnès. Elle meurt aux Champs le 19 février 1671.

Le septième des Arnauld pourrait être un petit Antoine, né peut-être à Paris, à l’automne 1594. Ce que nous en savons provient d’une conversation entre la mère Angélique Arnauld et son neveu Antoine Le Maistre, qui l’a consignée en ces termes :

"Le samedi 7 juin [1653], veille de la Sainte Trinité, revenant ici de Paris avec la mère Angélique, M. Singlin, M. Arnauld, M. d’Andilly et mon frère de Sacy, elle nous dit sur le sujet d’un petit Antoine, son frère, qui mourut âgé de trois ans et demi, qui était né après la mère Agnès et qui fut regretté extraordinairement de M. Arnauld, son père, et de Mme Arnauld, Catherine Marion, sa mère :

C’était le plus joli enfant qui se puisse voir et une merveille en esprit et en beauté. Il avait tout ce qui se peut souhaiter en un enfant. Il m’aimait uniquement et ce m’était un grand support que son amitié, car ma mère ne m’aimait point. Mais, comme elle aimait passionnément mon petit frère Antoine et que lui m’aimait de telle sorte qu’il ne pouvait vivre sans moi, ma mère me souffrait avec lui, au lieu qu’avant sa naissance et après sa mort, elle m’envoyait dès le matin, hors de chez elle, chez M. Marion, avocat général, mon grand-père, qui m’aimait tendrement et se divertissait souvent avec moi. Je passais toute la journée dans sa chambre ou dans son cabinet [13]."

Ce septième enfant de la famille Arnauld, né après Jeanne, vraisemblablement, vécut trois ans et demi, choyé par sa sœur Jacqueline, qui lui témoignait et en recevait beaucoup d’affection. Il meurt sans doute en 1598.

Le huitième enfant des Arnauld pourrait être une petite fille, prénommée Anne, ‒ « car dans la famille on redonnait facilement les mêmes prénoms », écrit L. Cognet [14] ; elle est née vraisemblablement à l’automne 1595 et morte très jeune.

Le neuvième enfant est Simon, qui a été baptisé à Paris, le 20 mai 1596 [15] et qui meurt sans doute peu après.

Le dixième enfant se prénomme Henri, né le 30 octobre 1597 à 13 heures : il est baptisé à l’église Saint-Merri le vendredi 7 novembre suivant. Nommé évêque d’Angers en 1649, il est sacré dans l’église de Port-Royal de Paris le 19 juin 1650. Il meurt dans sa ville épiscopale le 8 juin 1692.

Le onzième enfant, peut-être prénommé Pierre, et né en 1598 ou 1599, meurt en bas âge sans doute.

Le douzième enfant des Arnauld est Marie a été baptisée à Saint-Merri, le dimanche 23 avril 1600 [16] ; elle devient religieuse à Port-Royal de Paris, sous le nom de Marie de Sainte-Claire ; elle y meurt le 15 juin 1642.

Le treizième enfant est Madeleine, baptisée à Saint-Merri, le samedi 20 octobre 1601 [17] ; elle vit encore au moment de la naissance d’Antoine Arnauld, né le 6 février 1612.

Le quatorzième des Arnauld se prénomme Simon, baptisé à Saint-Merri le mardi 16 décembre 1603, futur mestre de camp des carabins, et mort près de Verdun, le samedi 2 juillet 1639.

Les quinzième et seizième enfants d’Antoine Arnauld et de Catherine Marion sont des jumeaux, Antoine et Madeleine, baptisés à Saint-Merri, le jeudi 22 mars 1607 [18], et morts en bas âge tous les deux.

Le dix-septième enfant se prénomme Madeleine, baptisée le samedi 1er novembre 1608 à Saint-Merri [19]. Elle devient religieuse de Port-Royal sous le nom de Madeleine de Sainte-Christine, et meurt à Port-Royal de Paris, le mercredi 3 février 1649.

Le dix-huitième enfant pourrait être un garçon prénommé Jean, né en 1609 ou 1610, qui a vécu jusqu’après la naissance d’Antoine, le 6 février 1612.

Le dix-neuvième Arnauld, peut-être prénommé Claude et né en 1611, ne vécut qu’un quart d’heure, selon Catherine Le Maistre [20].

Le vingtième enfant Arnauld est Antoine Arnauld le théologien est né le lundi 6 février 1612 à 11 heures du soir et baptisé le lendemain à 2 heures de l’après-midi à l’église Saint-Merri. Il meurt le dimanche 8 août 1694 à Bruxelles.

La famille Arnauld à Port-Royal

Les liens entre la famille Arnauld et l’abbaye de Port-Royal se sont renforcés tout au long du XVIIe siècle. Ils ont été inaugurés par Simon Marion, baron de Druy (v. 1540 - 1605), avocat général de la reine Marie de Médicis (1588) et du Parlement de Paris (1597) : il entretient d’excellentes relations avec l’entourage du moi, et il est l’ami de l’abbé de Cîteaux Edme de La Croix. Aussi obtient-il de ce dernier une double faveur : la désignation de deux de ses petites filles comme titulaires d’une abbaye. C’est ainsi, par le désir et l’ambition d’un grand-père de les voir pourvues d’un bénéfice et établies dans une situation solide, qu’est la liaison entre l’ancienne abbaye fondée en 1204 et Simon Marion en ce début de XVIIe siècle.

Jacqueline Arnauld, est choisie, le 25 juin 1599, comme coadjutrice de l’abbesse de Port-Royal Jeanne de Boulehart, à qui elle succède en 1602 [21], et Jeanne Arnauld, sœur de Jacqueline, le sera, au même moment, pour l’abbaye bénédictine de Saint-Cyr. « Marie-Angélique Arnauld, écrit Jean Racine, par un usage qui n’était que trop commun en ces temps-là, en fut faite abbesse, n’ayant pas encore onze ans accomplis » [22]. Les deux jeunes Arnauld seront toutes les deux abbesses de Port-Royal, et verront plusieurs de leurs sœurs les rejoindre dans la même abbaye : Anne (1592 - 1653), Marie (1600 - 1642), Madeleine (1608 - 1649), ainsi que Catherine Le Maistre, entrée au couvent devenue veuve en 1640, après sa propre mère, Catherine Marion, veuve elle-même en décembre 1619 : cette dernière participe de manière active à l’installation du monastère des Champs au faubourg Saint-Jacques à Paris en 1625, avant d’y être reçue comme novice en 1626 et d’y prononcer sa profession solennelle en 1629.

Les mères Angélique et Agnès Arnauld ont aussi le plaisir d’accueillir à Port-Royal de Paris plusieurs de leurs nièces, nées au foyer de Robert Arnauld d’Andilly et de Catherine Le Fèvre de La Boderie, comme pensionnaires, puis comme religieuses : Catherine de Sainte-Agnès (1614 - 1643), Angélique de Saint-Jean, future abbesse (1624 - 1684), Marie-Charlotte de Sainte-Claire (1627 - 1676), Marie-Angélique de Sainte-Thérèse (1630 - 1700), la dernière des Arnauld à mourir à Port-Royal des Champs, Anne-Marie-de Sainte-Eugénie (1631 - 1660), ainsi qu’Élisabeth, née en 1632 et morte à treize ans à Port-Royal de Paris, où elle est alors pensionnaire.

Trois autres religieuses issues de la même famille seront encore religieuses à Port-Royal : Anne de Saint-Paul Arnauld (1611 - 1633), fille de David Arnauld (1570 - v. 1620), frère cadet d’Antoine Arnauld l’avocat, et de Gabrielle Le Fèvre ; Anne est la cousine germaine des mères Angélique et Agnès. Deux autres de leurs cousines les rejoignent come moniales à Port-Royal : Catherine de Saint-Alexis Marion de Druy (v. 1614 - 1634) et sa sœur, Madeleine des Anges (1616 - 1671) : elles sont les filles de Simon Marion de Druy (1572 - 1628), et de Madeleine de Montescot, et les nièces de Catherine Marion, femme d’Antoine Arnauld l’avocat.

D’autres membres de la grande famille des Arnauld fréquentent assidûment les deux monastères de Port-Royal des Champs et de Paris : d’abord les deux frères, Robert, dit M. d’Andilly, et Antoine le théologien, puis leurs neveux Le Maistre : Antoine, le premier des Solitaires, et ses frères Charles, Jean, Louis-Isaac, dit M. de Sacy, et Simon, dit M. de Séricourt. Enfin parmi les pensionnaires accueillies à Port-Royal des Champs avant et après la séparation des deux monastères en 1669, il faut compter d’une part les filles de Jean Le Maistre de Saint-Elme et de Louise de Boignes : Catherine-Agnès, dite Mlle de Séricourt († 1742), Marie-Catherine († 1664) et Olympe-Dorothée († 1707) ; et d’autre part les filles de Simon Arnauld de Pomponne, fils de M. d’Andilly : Charlotte, née en 1665 et morte en 1746, et Marie-Emmanuelle († 1686 à vingt-trois ans).

Conclusion

La présence de la famille Arnauld à l’abbaye de Port-Royal ne saurait faire oublier l’influence de plusieurs dizaines d’autres familles dévouées à l’abbaye et à la cause de Port-Royal, tout au long du XVIIe siècle : issues de toutes les couches de la société française, elles ont donné tout à la fois, on l’a vu pour les Arnauld, des religieuses, pensionnaires, des solitaires et des professeurs ; elles proviennent des paroisses parisiennes ou limitrophes de Paris, de l’Île-de-France ou de certaines provinces comme la Beauce ou la Normandie. L’histoire de ces familles, celle des Arnauld en particulier ‒ on a même parlé de l’‟épopée de la famille Arnauld” [23] ‒ se confond souvent avec celle de Port-Royal, comme l’ont montré les ouvrages de Sainte-Beuve ou de Cécile Gazier [24], ou celui, plus récent, plus insolite et original de William Ritchey Newton, intitulé : Sociologie de la communauté de Port-Royal. Histoire, économie [25], où « la sociologie la plus élaborée fait bon ménage avec la psychologie », ainsi que l’écrit Bruno Neveu, dans la Préface à cet ouvrage.

En raison de l’approche sociologique de ce livre, « dès les premières pages […], le lecteur va se sentir dépaysé, arraché aux itinéraires habituels que proposent l’un après l’autre les ouvrages consacrés à Port-Royal, à ses gloires, à ses épreuves, à sa place dans la vie spirituelle, littéraire et politique » (B. Neveu). Mais l’histoire de l’abbaye de Port-Royal se trouve renouvelée et enrichie par l’analyse de la composition sociale de cet ensemble désigné sous l’appellation de Port-Royal. Elle pourra s’enrichir encore par de nouvelles études, plus approfondies, sur les lieux et les milieux dont sont issus les familles, les moniales, les solitaires, les théologiens, comme les grands intellectuels et écrivains, qui se rattachent à Port-Royal ou qui s’en réclament. L’histoire de Port-Royal a encore de beaux jours devant elle.

Addition sur la famille Arnauld d’Andilly

Deuxième enfant de la famille Arnauld, Robert Arnauld d’Andilly (1589-1674) est le fils d’Antoine Arnauld et de Catherine Marion. Introduit très jeune à la Cour et dans le monde, il travaille aux Finances aux côtés de son oncle Isaac Arnauld. Il se retire comme solitaire, à Port-Royal des Champs en 1645, mais restera toujours en relation avec la haute société parisienne. Il meurt à Port-Royal des Champs en 1674, son épouse en août 1637 [26].

Au cours de l’été 1613, Robert Arnauld d’Andilly épouse Catherine Le Fèvre de la Boderie, qui est âgée de quatorze ans : ils ont leur premier enfant à la fin de l’année 1614. Ils auront au total quinze enfants, selon témoignage de Robert lui-même. Après avoir évoqué l’existence des vingt enfants de ses parents, il parle des siens, dans ses Mémoires, en ces termes :

Quant à mes enfants, de quinze que Dieu m’a donnés, cinq sont morts en âge d’innocence, trois de six de mes filles religieuses à Port-Royal sont mortes saintement, et je ne saurais trop louer Dieu de ce que les trois autres marchent sur leurs pas [27].

Nous connaissons les noms de trois des cinq enfants « morts en âge d’innocence » : François, Marie et Claude (voir plus bas), et ceux de trois des six filles mortes à Port-Royal avant leur père : deux, religieuses, Catherine (1614-1643) et Anne-Marguerite (1631-1660) et une pensionnaire, Élisabeth (1632-1645) [28].

Les enfants de Robert Arnauld d’Andilly et Catherine de La Boderie

1. Catherine (Paris, bapt. 30 décembre 1614-Port-Royal de Paris, 23 décembre 1643).

2. Antoine (Paris, bapt. 6 mai 1616-Paris, décembre 1693).

3. François (Paris, 1er novembre 1617- ?, 1619).

4. Simon (Paris, 11 novembre 1618-Fontainebleau, 26 septembre 1699).

5. Marie (Paris, 2 novembre 1620- ?, ?).

6. Henri-Charles (Pomponne, 26 septembre 1623-Paris, 10 février1684).

7. Angélique (Pomponne, 28 novembre 1624-Port-Royal des Champs, 29 janvier 1684).

8. Marie-Charlotte (Paris, 1627-Port-Royal des Champs, 8 ou 9 septembre 1678).

9. Marie (Paris, 21 mai 1630-Port-Royal des Champs, 8 janvier 1700).

10. Anne-Marguerite (1631-Port-Royal de Paris, 7 octobre 1660).

11. Élisabeth (Paris ?, 1632-Port-Royal de Paris, 1645).

12. Jules (Paris, août 1634- Calais, décembre 1637).

13. Claude (Paris, avril 1637-Paris, 8 août 1637).

Notes complémentaires

Le premier enfant Arnauld d’Andilly, prénommée Catherine, a été baptisée à l’église parisienne de Saint-Gervais [29] le 30 décembre 1614 ; elle devient religieuse de Port-Royal sous le nom de Catherine de Sainte-Agnès et meurt subitement à Port-Royal de Paris, le 23 décembre 1643.

Le deuxième enfant, Antoine a été baptisé le 6 mars 1616 ; appelé l’abbé Antoine Arnauld, il est d’abord militaire, puis ecclésiastique, mort en décembre 1693 [30].

Le troisième enfant, François, né le 1er novembre 1616 et baptisé le 6 à l’église Saint-Gervais [31], est mort en 1619 à deux ans [32].

Le quatrième, Simon, est né à Paris, le 11 novembre 1618 et mort à Fontainebleau, 26 septembre 1699 ; il sera secrétaire d’État, connu sous le nom de marquis de Pomponne.

Le cinquième est Marie, baptisée à Paris, le lundi 2 novembre 1620, à Saint-Germain-l’Auxerrois [33], et morte en bas âge.

Le sixième, Henri-Charles, a été baptisé en l’église paroissiale de Saint-Pierre de Pomponne, le 26 septembre 1623 ; après avoir été solitaire à Port-Royal des Champs, il meurt à Paris, 10 février 1684, quelques jours après son cousin Louis-Isaac Le Maistre de Sacy, disparu le 4 janvier, et après sa sœur Angélique de Saint-Jean, abbesse de Port-Royal, décédée le 29.

Le septième enfant est Angélique, née à Pomponne, le 28 novembre 1624 ; elle est plus connue sous son nom d’Angélique de Saint-Jean, religieuse professe de Port-Royal le 25 janvier 1644 et morte abbesse de Port-Royal des Champs, le 29 janvier 1684.

Le huitième s’appelle Marie-Charlotte, née à Paris, en 1627, est pensionnaire puis religieuse de Port-Royal en 1647, décéée à Port-Royal des Champs, le 9 septembre 1678.

Le neuvième, Marie, est baptisée à Saint-Merri, à Paris, le 21 mai 1630 ; elle est pensionnaire à Port-Royal, puis vit dans le monde sous le nom Mlle de Luzancy, avant de devenir religieuse de Port-Royal en 1654 ; elle meurt aux Champs le 8 janvier 1700, dernière représentante de la famille Arnauld à Port-Royal.

La dixième enfant est Anne-Marguerite, née en 1631, élevée comme ses sœurs à Port-Royal ; le 1er mai 1658, elle prononce ses vœux de religieuse, sous le nom d’Anne-Marie de Sainte-Eugénie, à Port-Royal de Paris, où elle meurt le 7 octobre 1660.

Le onzième enfant, Élisabeth, né en 1632, meurt pensionnaire à Port-Royal de Paris, en 1645.

Le douzième enfant se prénomme Jules, dit Arnauld de Villeneuve, surnommé « le petit Jules », est né à Paris, en août 1634 ; il devient militaire et meurt à Calais en décembre 1657 [34].

Le treizième enfant Arnauld d’Andilly est Claude, né à Paris, en avril 1637 ; il meurt à Paris, le 8 août 1637, à trois mois et demi : il est inhumé à Saint-Merri, deux semaines avant sa mère.

Les Arnauld d’Andilly à Port-Royal

Les liens de la famille Arnauld d’Andilly avec l’abbaye de Port-Royal se sont resserrés par la présence de plusieurs religieuses, sœurs de M. d’Andilly, et en particulier pendant l’abbatiat des deux mères Angélique et Agnès Arnauld. Les filles de M. et de Mme d’Andilly sont placées toutes petites à l’abbaye ‒ Anne-Marguerite à trois ans, Angélique à quatre, Catherine à onze ‒ et élevées par leurs tantes à Port-Royal : plusieurs y passeront toute leur vie.

Ainsi cinq d’entre elles y deviennent religieuses : Catherine, Angélique, Marie-Charlotte, Marie-Angélique et Anne-Marie, tandis qu’une sixième, Élisabeth, y meurt pensionnaire à treize ans.

Les fils Arnauld d’Andilly, de leur côté, seront éduqués soit par un proche de l’abbaye, comme Martin de Barcos, neveu de l’abbé de Saint-Cyran ‒ ce sera le cas de l’abbé Antoine Arnauld, de Simon, et de Charles-Henri [35] ‒, soit aux Petites Écoles de Port-Royal, comme le petit Jules, dit de Villeneuve.

Enfin parmi les filles de Simon Arnauld de Pomponne et de son épouse, Catherine Ladvocat, deux seront placées comme pensionnaires de l’abbaye des Champs en 1669, Marie-Emmanuelle, à six ans, et Charlotte, à quatre : cette dernière deviendra religieuse à l’abbaye bénédictine de Malnoue, puis à celle de Chelles, où elle meurt en 1746.

Notes

[1] Voir le Dictionnaire de Port-Royal, dir. Jean Lesaulnier et Antony McKenna, Paris, Honoré Champion, 2004.

[2] Sainte-Beuve, Port-Royal, éd. Philippe Sellier, Paris, Robert Laffont, collection Bouquins, 2004, 2 vol., t. I, p. 34-35.

[3] Id., ibid., p. 35.

[4] Selon Catherine Arnauld, Mme Arnauld « eut de ce mariage si béni de Dieu, vingt enfants, onze fils et neuf filles, dont il en a pris dix au-dessous de trois ans ; et ils en ont élevé dix, quatre fils et six filles. Ce mariage a été des plus heureux ; et la paix, l’amitié et la fidélité s’y sont rencontrées parfaitement », Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, Utrecht, aux dépens de la Compagnie, 1742, 3 vol., t. III, p. 280 : voir la « Généalogie des Arnauld, ibid., t. I, p. VI-XX, ainsi que les Œuvres d’Antoine Arnauld, publiées par Jean Hautefage, Gabriel Du Pac de Bellegarde et Noël de Larrière, Paris-Lausanne, S. d’Arnay, 1775-1783, 45 vol. in-4°, t. 43, Pièces justificatives, p. 1-11.

[5] Le nombre de vingt enfants est confirmé par la « Généalogie » publiée dans les Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, op. cit., et par celle des Œuvres d’Arnauld, ainsi que par les Mémoires de Robert Arnauld d’Andilly, éd. Régine Pouzet, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 156 ; voir le tableau généalogique des Arnauld, p. 635. D’après l’annotateur des Historiettes de Tallemant des Réaux, éd. Antoine Adam [et Geneviève Delassault], Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, t. I, p. 1134, les Arnauld auraient eu vingt-deux enfants ; mais aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse ; sur les Arnauld, voir ibid., p. 500-514.

[6] Louis Cognet, La Réforme de Port-Royal 1591-1618, Paris, éd. Sulliver, 1950, p. 4, qui renvoie aux Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, éd. Claude-Pierre Goujet, s.l., 1734.

[7] Voir plus bas. Un seul fils, Jean Le Maistre de Saint-Elme, a une descendance.

[8] Voir plus bas. Un seul fils, Simon Arnauld de Pomponne, a une descendance.

[9] Voir dans la dernière partie de cet article des renseignements sur chacun d’entre eux.

[10] Voir la « Relation de la vie et des vertus de Madame Arnauld… », dans les Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, op. cit., 1742, t. III, p. 280.

[11] Voir Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, éd. Cl.-P. Goujet, s. l., 1734, t. I, p. 219.

[12] Voir L. Cognet, La Réforme de Port-Royal, op.cit., p. 258, reprend les termes de l’acte de baptême retrouvé et communiqué par l’archiviste départemental d’Indre-et-Loire : « Le 1er janvier 1594 fut baptisée Jehanne Arnauld, fille de Anthoine Arnauld, avocat au Parlement, naguère conseiller et procureur général de la défunte reine, belle-mère du roi, et de Catherine Marion, sa femme. Parrain : […]. Marraine : Jeanne Coissette, femme de Thomas de Saldagne, notaire et secrétaire ».

[13] Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, op. cit., 1742, t. II, p. 249.

[14] La Réforme de Port-Royal, op. cit., p. 258.

[15] Voir la copie de l’acte de baptême dans les fiches Antoine Rochebilière, B.N.F., n.a.fr. 3615, n° 284.

[16] La date est confirmée par la mère Agnès Arnauld, qui termine sa lettre du 22 avril 1634 à sa sœur Catherine Le Maistre-Arnauld ainsi : « Ce mardi de Pâques 22 avril, trente et un ans moins un jour après la naissance de celle qui renaît dans le désir de ne vous oublier jamais devant Dieu [la sœur Marie de Sainte-Claire], Lettres de la Mère Agnès Arnauld, éd. Prosper Faugère [et Rachel Gillet], Paris, B. Duprat, 1858, t. I, p. 15.

[17] B.N.F. n.a.fr. 3615, n° 273 (fiche Rochebilière).

[18] B.N.F., ibid., n° 258 (id.).

[19] B.N.F., ibid., n° 278 (id.).

[20] Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, éd. Cl.-P. Goujet, 1734, t. I, 18.

[21] « J’y fus conduite pour y être abbesse, le 5 juillet 1602, écrit Angélique elle-même, âgée seulement de dix ans dix mois, par un très grand désordre, ordinaire en ce temps-là, où il ne se pratiquait plus aucune discipline pour les promotions aux bénéfices, ni dans notre ordre [de Cîteaux] presque aucune régularité », « Relation autobiographique, éd. Jean Lesaulnier, dans les Chroniques de Port-Royal, 41, 1992, p. 11.

[22] Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. J. Lesaulnier, Paris, Honoré Champion, 2012, p. 69.

[23] L’expression est d’Emmanuel Le Roy Ladurie, dans son Avant-propos, p. VIII, à l’ouvrage de W. R. Newton, Sociologie de la communauté de Port-Royal, voir ci-dessous, la note 25.

[24] Voir la réédition de Sainte-Beuve, Port-Royal, éd. Philippe Sellier, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2004, et l’ouvrage de Cécile Gazier, Histoire du monastère de Port-Royal, Paris, Perrin, 1929.

[25] Paris, Klincksieck, coll. Port-Royal, 1999. W. R. Newton est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages sur Versailles ; voir par exemple : L’Espace du roi. La Cour de France au château de Versailles, 1682-1789, Paris, Fayard, 2000 ; Versailles, côté jardins, splendeurs et misères de Louis XIV à la Révolution, Paris, Tallandier, 2011.

[26] « Le lundi 13e jour d’août 1637 a été fait le convoi, service et enterrement de défunte dame Catherine de La Boderie, vivante femme de messire Robert Arnauld, conseiller du roi en ses Conseils d’État et privé, et seigneur d’Andilly », Archives paroissiales de Saint-Merri, 1637, f° 117 (fiche Rochebilière, B.N.F., n.a.fr. 3615, n° 264).

[27] Louis Delavaud, Le marquis de Pomponne, ambassadeur et secrétaire d’État. 1618-1699, Paris, Plon, 1911, p. 134. Mémoires, suivis des Mémoires de l’abbé Antoine Arnauld, éd. Régine Pouzet, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 326. Nous empruntons de nombreuses informations à cet ouvrage, ainsi qu’à celui de Louis Delavaud, Le marquis de Pomponne, op. cit. ; voir aussi le Dictionnaire de Port-Royal, dir. Jean Lesaulnier et Antony Mckenna, Paris, Honoré Champion, 2004.

[28] Les deux enfants, morts en bas âge, dont on ne connaît ni les prénoms ni la date de naissance, seraient le quatorzième et le quinzième de la famille. Il reste une énigme : celui d’une fille prénommée aussi Catherine, qui serait décédée en 1693, selon une indication des archives paroissiales de Saint-Roch, recopiée par Louis Delavaud : « Dame Catherine Arnauld d’Andilly, veuve de messire Hugues de La Croix, écuyer, lieutenant du roi à Damvilliers en Lorraine, décédée aujourd’hui rue Saint-Honoré, en cette paroisse, a été inhumée en cette église », Saint-Roch, 30 octobre 1693, f° 156 (fiche Rochebilière, B.N.F., n.a.fr. 3615, n° 266), Le marquis de Pomponne, p. 136. Mais on ne sait rien de plus sur cette Catherine Arnauld d’Andilly.

[29] Arch. par., 1614, f° 43. Curieusement elle est dite avoir été baptisée à Saint-Paul selon une fiche Rochebilière (B.N.F., n.a.fr.3615, n° 258) ou à Saint-Merri.

[30] On lit dans les archives paroissiales de Saint-Nicolas-des-Champs : « Samedi 13 décembre 1693. Messire Antoine Arnauld, seigneur de Pomponne, abbé de Chaumes, conseiller d’État, âgé de quatre-vingt-trois ans, décédé en son hôtel, rue des Fontaines, apporté et inhumé dans l’église, après le service chanté à son intention, avec l’assistance de M. le curé et de tous les prêtres, en présence de haut et puissant seigneur messire Simon Arnauld de Pomponne, ministre d’État, son frère, et de haut et puissant seigneur, messire Nicolas-Simon Arnauld de Pomponne, chevalier, marquis dudit Pomponne, lieutenant général pour le roi en l’Île-de-France et brigadier en ses armées, son neveu, qui ont signé. Arnauld de Pomponne, N.-S. Arnauld de Pomponne, M. de Pomponne, H.-Ch. Arnauld de Pomponne, abbé de Saint-Médard, Colbert de Torcy, Prailly », Saint-Nicolas-des-Champs, registre 248, f° 26 (fiche Rochebilière, B.N.F., n.a.fr. 3615, n° 262 : L. Delavaud, Le marquis de Pomponne, p. 135-136.

[31] B.N.F., f.fr. 32838, p. 167, 172 ; L. Delavaud, op. cit., p. 326

[32] L’indication en est donnée par Angélique de Saint-Jean Arnauld d’Andilly, dans la « Relation ou histoire suivie de la Mère Marie-Angélique Arnauld », sa tante, lorsque cette dernière reçut saint François de Sales en septembre 1619 : « Il prédit en cette occasion la mort du petit François, troisième fils de M. d’Andilly, qui n’avait que deux ans, duquel il dit en le caressant : ‟Cet enfant a la mort dans les yeux”, quoique, pour l’heure, il se portât parfaitement bien. En effet il mourut de la petite vérole peu de jours après », Mémoires pour servir à l’histoire de Port-Royal, Utrecht, 1742, t. I, p. 152.

[33] L. Delavaud, op. cit., p. 134.

[34] « Le dernier de mes quatre fils, [Jules], mort jeune à l’armée, avait été élevé d’une manière si chrétienne, et M. le maréchal Fabert, qui m’avait fait l’honneur d’en vouloir prendre autant de soin que s’il eût été son fils, l’avait confirmé de telle sorte dans ses bons sentiments que j’ai sujet de croire que Dieu l’a retiré du monde pour ne l’y pas laisser corrompre », Mémoires de Robert Arnauld d’Andilly, op. cit., p. 327.

[35] M. de Luzancy fut retiré de longues années à Port-Royal des Champs.


Pour citer l'article :

Jean Lesaulnier, « Une « bonne famille » : Les vingt enfants de l’avocat Antoine Arnauld et de Catherine Marion ».
Publications électroniques de Port-Royal, Série 2014, section des Articles et contributions.

URL: http://melancholia.fr/biblio/?Une-bonne-famille-Les-vingt.html


Publications électroniques de Port-Royal,
Série 2014

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