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Jean Lesaulnier

Trois lettres inédites de Jean Racine, 1693

 



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TROIS LETTRES INÉDITES DE JEAN RACINE

Par Jean LESAULNIER

Tel est le titre de la brochure publiée en 1884 par Eugène Minoret, présentant, après une importante introduction, le texte de trois lettres de Jean Racine, adressées au maréchal de Luxembourg et datant du mois d’août 1693, quelques jours après la fameuse victoire sur Guillaume d’Orange à Neerwinden [1]. Et il n’est pas fréquent de voir adjoindre au nom du dramaturge celui d’un autre membre de l’entourage royal, l’abbé de Fénelon, futur archevêque de Cambrai.

La correspondance des deux hommes se voyait ainsi enrichie de plusieurs pages, dont, il est vrai, le sujet ne concerne que l’historiographie de la fin du règne de Louis XIV, mais qui méritent d’être signalées, d’autant plus que la découverte de lettres de Racine présentées comme ‟inédites” se révèle assez rare et que la publication d’Eugène Minoret paraît avoir été tenue sous le boisseau pendant près de cent trente ans. Depuis 1884, en effet, les trois lettres de Racine au maréchal de Luxembourg d’août 1693, n’ont été à aucun moment ni commentées, ni même répertoriées, alors qu’elles fournissent des indications intéressantes à la fois sur l’une des grandes victoires du règne et sur les réactions du roi et de la cour lorsque la nouvelle en parvint à Paris.

Mais qui est l’auteur de l’édition de ces lettres de Racine ? Un historien peu connu, Louis-Antoine-Eugène Minoret, né à Paris en 1816 et mort dans le 8e arrondissement le 29 mars 1891. Avocat près de la Cour d’appel de Paris, il a exercé la fonction de maire de Draveil (département de l’Essonne) de 1871 à 1875. Membre de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France de 1871 à sa mort, il est présenté comme collectionneur [2] et comme éditeur [3]. Il n’est donc pas surprenant de le voir publier à partir de sa propre collection les trois lettres de Jean Racine, qu’il qualifie d’‟inédites”.

Dans l’introduction à sa brochure, Eugène Minoret précise que les lettres de Jean Racine et de Fénelon, sont sa propriété : « La lettre d’Arnauld est à la bibliothèque de l’Arsenal. Le reste m’appartient, et je ne me suis pas cru le droit de confisquer un rayon des gloires françaises » (p. 2) [4].

Les lettres de Racine concerne la bataille de Neerwinden (ou Neerwinde), qui eut lieu le 29 juillet 1693, dans le cadre de la guerre de la Ligue d’Augsbourg entre l’armée française, commandée par le maréchal de Luxembourg, et les forces coalisées, sous les ordres de Guillaume d’Orange. L’armée française était composée de 75 000 hommes, celle de l’adversaire de 50 000. Racine rapporte dans ses lettres au vainqueur, le maréchal de Luxembourg, les réactions enthousiastes du roi et de son entourage, qui ont reçu, le 1er août, les premières nouvelles de la victoire par M. d’Artagnan, envoyé par Luxembourg à la Cour [5] et bientôt suivi du comte d’Albergotti, arrivé à Paris avec une lettre du maréchal [6] . Racine avait déjà correspondu avec M. de Luxembourg, comme l’indique la lettre qu’il lui avait adressée avec Boileau le 8 juillet 1690 [7].

Aux lettres de Racine fait suite une courte lettre de Fénelon au maréchal de Luxembourg, comme on le verra plus bas. Cette dernière lettre a été publiée de la Correspondance de Fénelon, commencée par Jean Orcibal : voir le t. XVIII, Suppléments et corrections par Jacques Le Brun, Bruno Neveu (†) et Irénée Noye [8].

Les trois lettres de Racine au maréchal de Luxembourg

1. Lettre du 2 août 1693 [9]

En attendant que nous soyons instruits par vous-même du détail de votre victoire, trouvez bon, Monseigneur, que je vous dise qu’elle est regardée ici comme la plus grande et la plus héroïque action qui se soit passée à la guerre. Vous avez vaincu non seulement des ennemis fort braves et fort aguerris, mais même des ennemis qui combattaient en désespérés et qui se voyaient dans la nécessité ou de faire une défense extraordinaire ou de voir périr toute leur armée. Je vois bien que c’est ce qui a causé cette opiniâtreté avec laquelle ils vous ont disputé leurs retranchements, et qui vous a obligé de donner sept batailles pour une. Mais, Monseigneur, le scrupule me prend d’oser parler devant vous de choses si élevées au-dessus de moi.

Je ferai mieux de vous raconter simplement ce que j’en ai ouï dire au roi même. Il ne parla d’autre chose tout hier. Il répété plusieurs fois que c’était une grande, une glorieuse action. Il parut vous savoir un fort bon gré d’avoir fait autant respecter son infanterie à ses ennemis qu’ils respectaient déjà sa cavalerie. Il loua extrêmement et se fit un plaisir d’expliquer vos marches depuis la prise de Huy [10], et parlant du nombre des morts, il dit que ces grands actions ne s’exécutaient point sans qu’il en coûtât aux particuliers. Je lui entendis même dire de fort bon cœur : ‟Le voudrais qu’il me vînt d’Allemagne une pareille nouvelle”. Enfin il lut quatre fois en public la lettre que vous lui écriviez par M. d’Artagnan [11], aussi noble dans sa simplicité et aussi belle que l’action même. Mme de Maintenon entre autres m’en parut fort touchée, et la loua extrêmement. Je la retins par cœur et j’en charmai hier la princesse de Conti [12], et aujourd’hui M. Despréaux [13], qui prétend bien, comme moi, que l’histoire n’en doit pas perdre une syllabe. Tous ceux qui, ce jour-là, étaient à Marly, je dis même les plus avides louangeurs, se récrièrent aussi bien que Sa Majesté sur la grandeur de cette action, et je fus assez aise de voir vos ennemis défaits, aussi bien que ceux du roi. Je vous envoie une lettre de M. le comte de Toulouse [14], qui me fit l’honneur de me choisir entre tous vos serviteurs pour me la confier. Elle est accompagnée de celle de M. d’O [15], son gouverneur. M. de Cavoye [16] m’a dit de vous mander que vos victoires devenaient trop fréquentes et épuisaient son éloquence, qu’il fallait que vous lui donnassiez le temps de respirer et de retrouver de l’esprit. J’oubliais de vous dire que le roi a dit à M. le Prince [17], devant tout le monde, que vous aviez sauvé la vie à M. le duc [18] en lui faisant prendre des armes malgré lui. Vous jugez bien que Sa Majesté a dit beaucoup d’autres choses que je ne puis pas avoir entendues. Mais, quoi qu’il en soit, je puis vous assurer que je ne l’ai jamais vu si content.

Il est présentement dans de justes inquiétudes pour ce qui se sera passé en Allemagne, et Dieu veuille, comme il l’a dit lui-même, que les nouvelles soient aussi bonnes de ce côté-là que celles qui lui sont venues de vous.

Pardonnez une si longue lettre à la joie que vous m’avez causée, et à l’extrême intérêt que je prends à votre gloire, qui semble, tous les ans, ne pouvoir plus croître et qui croît pourtant tous les ans.

Je suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Racine.

À Paris, le 2e août [1693].

2. Lettre du 3 août 1693

À Paris, le 3e août [1693].

Je ne vous écris qu’un mot pour vous témoigner la part que j’ai prises à vos inquiétudes, à vos horreurs même, si j’ose ainsi dire, pendant un si furieux combat, et enfin à la joie qui s’en est ensuivie. Je suis ravi d’apprendre que les blessures de M. le duc de Montmorency et de M. le comte de Luxe [19], ne soient pas dangereuses. Je ne sais que de ce matin que M. le comte de Luxe n’a point la jambe cassée. Car hier et avant-hier tout le monde en était persuadé, M. d’Artagnan même n’osant assurer si le coup était simplement dans les chairs ou s’il brisait l’os. Quel spectacle, mon cher Monsieur, pour une âme tendre comme la vôtre que ce héros qui voit blesser ses deux enfants à ses côtés et qui n’en perd par un moment l’action de vue, donnant toujours ses ordres avec la même tranquillité ! Comment n’en serions-nous pas touchés, vous et moi ? Je vois les gens, même les plus durs et les plus grossiers, qui en ont été attendris et qui se passionnent pour M. de Luxembourg, comme nous pourrions faire.

Je voulais écrire à M. de Montmorency, mais voici M. de Cavoie qui me vient prendre pour aller souper avec M. l’abbé de Saillans [20]. Ayez la bonté de lui faire mes très humbles compliments, dont je suis bien sûr que la sincérité ne lui est point suspecte. Nous retournons demain matin à Marly et nous y croyons trouver un nouveau courrier de votre armée, qui apportera les détails de cette grande et miraculeuse action.

J’écrirai à M. de Montmorency demain au soir, et je lui manderai des nouvelles d’Allemagne, si elles sont arrivées. Je tremble par avance pour l’importance de ces nouvelles.

Ayez la bonté de donner cette lettre à M. de Luxembourg, mais à quelque heure où il n’en soit point importuné.

3. Lettre du 4 août 1693

Voici un billet que Mme de Maintenon m’a écrit ce matin. J’ai cru, Monseigneur, que je ne pouvais mieux faire que de vous l’envoyer. Vous y verrez combien elle est touchée des grandes choses que vous avez faites et en même temps jusqu’où va son inquiétude touchant les affaires d’Allemagne. Je puis vous assurer que toutes ses paroles se rapportent fort à son billet. Et je sais de bonne part qu’aujourd’hui à Saint-Germain, où elle a passé l’après-dînée, elle a parlé de votre victoire comme de la plus grande action qui se soit faite de tout le règne du roi.

Nous en ignorions assurément plus de la moitié quand je vous écrivis avant-hier, et la modestie de M. d’Artagnan, de concert sans doute avec la vôtre, avait laissé une belle manière au second courrier pour se faire écouter avec plaisir. M. d’Albergotti [21] est arrivé comme le roi allait à la messe. Il vous dira quel accueil on lui a fait et la peine qu’il a eue pour se dérober à l’empressement de tout le monde. Heureusement Marly était aujourd’hui ouvert au public et il était plein.Le nonce et tous les autres ministres étrangers s’y sont trouvés ; on a déployé devant eux les drapeaux et les étendards, qui ont couvert tout le pavé du grand salon.

Mais on n’avait pas besoin de ces marques de votre victoire. Les lettres de tous les particuliers de votre armée et surtout les lettres de Bruxelles, et le courrier de Bruxelles même, que le roi avait entretenu à son lever, ont causé à tout le monde des transports et des ravissements incroyables.

Nous avons mené, l’après-dînée, M. d’Albergotti dans sa chambre, et là il nous a expliqué sur un plan, à M. l’abbé de Saillans, M. de Cavoye et à moi, toutes les circonstances de cette prodigieuse action. Il nous a même confié des particularités qui font bien voir qu’après Dieu, comme on dit, vous ne devez votre gloire qu’à vous seul. On a été un peu étonné ici que vous n’ayez point écrit de relation. Et, pour moi, j’ai même admiré votre silence. Outre que vous pouvez fort à votre aise vous confier à la voix publique, j’ai fait remarquer à vos amis que vous vous étiez vengé très justement de toutes les affaires impertinentes qu’on voulut vous faire l’année passée, sur ce que des gens, disait-on, étaient trop loués et sur ce que d’autres ne l’étaient pas assez. Enfin, Monseigneur, tout nous paraît grand dans toute votre conduite.

Je ne vous parle point de la lettre que vous avez écrite à votre ami, qui n’a été vue que des trois seules personnes à qui vous avez souhaité qu’elle fût montrée. Que de nouveaux sujets vous y avons trouvé[s] de vous admirer ! Nous étions forcés de nous écrier à chaque ligne : quel homme, quel courage, quelle grandeur d’âme, et en même temps quelle tendresse et quelle attention pour ses amis ! L’un des trois entre autres, et vous jugez bien quel il est, avait à tout moment les larmes aux yeux et pleurait de joie, d’amitié et de reconnaissance. Mais, Monseigneur, nous vous entretiendrons de tout cela à votre retour.

J’ai donné ce soir à M. de Beauvilliers [22] la lettre que vous lui écrivez et celle que vous écrivez à M. l’abbé de Fénelon. J’ai envoyé aussi à la Mule [23] celle qui est pour elle, et j’ai pensé l’environner de lauriers, comme on faisait autrefois les lettres des conquérants. Ne soyez point surpris si j’ai été le distributeur de toutes ces lettres. Comme M. d’Albergotti avait été extrêmement mouillé en arrivant, la première enveloppe s’est trouvée toute déchirée. Ainsi il a donné à M. l’abbé de Saillans tout ce qui était pour Paris et à moi tout ce qui était pour ce pays-ci.

Je n’abuserai pas davantage de votre temps. Aussi bien je suis en vérité honteux d’écrire, après la lettre que j’ai vue aujourd’hui de vous. Je ne crois pas que de ma vie j’aie rien vu qui m’ait tant humilié ! Il n’y avait pas un mot qui ne fût plein de sens, et qui n’allât au cœur. Croyez-moi, Monseigneur, je ne suis point un fade exagérateur. Vous êtes maintenant au-dessus des exagérations. Du reste je suis obligé de vous dire que M. d’Artagnan a parlé de vous au roi d’une manière qui a fait beaucoup de plaisir à vos serviteurs. Le pauvre M. de La Vienne [24], à qui j’ai aussi rendu votre lettre, m’en parlait encore tout à l’heure, et était transporté de tout ce qu’il lui avait entendu dire à Sa Majesté.

Je prie Dieu que les nouvelles qui apparemment viendront d’Allemagne n’interrompent point la joie publique et qu’elles répondent à nos espérances.

À Paris, le 4e août [1693].

En conclusion, Eugène Minoret donne une dernière lettre, adressée au maréchal de Luxembourg, signée de « l’abbé de Fénelon », futur archevêque de Cambrai. Elle est aujourd’hui publiée de la Correspondance de Fénelon  : au t. XVIII, Suppléments et corrections par Jacques Le Brun, Bruno Neveu (†) et Irénée Noye [25]. La lettre de Fénelon est donnée comme autographe signée et se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque municipale de Cambrai [26]. Le texte de cette lettre correspond en tout point avec celle de la brochure de Minoret. Ainsi on peut affirmer que l’autographe aujourd’hui à la Bibliothèque de Cambrai est celui que Minoret affirme comme étant sa propriété, et on peut présumer que les lettres données comme autographes de Racine le sont effectivement et qu’elles respectent, selon toute vraisemblance, le texte même de leur auteur.

Racine, on l’a vu, écrit à M. de Luxembourg, le 4 août, qu’il a transmis à Fénelon la lettre que le maréchal a envoyée à ce dernier, en réponse, vraisemblablement, à la présente lettre qu’on va lire :

À Noisy [27], 2 août [1693].

Vous nous devez, Monseigneur, une grande action tous les ans et vous nous payez à merveilles. Quand l’ennemi fuit les batailles, vous les lui faites trouver jusque dans son camp. Il ne repousse deux fois vos troupes que pour vous donner une plus belle victoire. Elle me donnera, Monseigneur, encore plus de joie, quand je saurai M. le comte de Luxe guéri. Je voudrais bien, Monseigneur, que sa blessure fût aussi heureuse que la contusion de M. le duc de Montmorency. Personne ne sera jamais avec un zèle et un respect plus sincère que moi, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

L’abbé de Fénelon.

Depuis la publication d’Eugène Minoret, la découverte de lettres inédites de Racine paraît aujourd’hui non pas rare, mais inexistante. Pourtant trois lettres autographes, déjà publiées, de Racine ont franchi les frontières du domaine public depuis une décennie. Il s’agit de trois lettres qui faisaient partie, à l’origine, de la collection de celles qui avaient été conservées dans la famille de Marie Racine, sœur de Jean, à La Ferté-Milon et à Soissons. C’est là que les deux éditeurs de lettres de Racine au XIXe siècle, Adrien de La Roque et Paul Mesnard, les ont copiées et publiées ; le premier sous le titre : Lettres inédites de Jean Racine et de Louis Racine, précédées de la vie de Jean Racine et d’une notice sur Louis Racine, etc., par leur petit-fils, l’abbé Adrien de La Roque, chanoine titulaire d’Autun et ancien vicaire général honoraire du même diocèse, etc., Paris, Librairie de L. Hachette et Cie, 1862 ; le second dans son édition des Œuvres complètes de Racine.

La première des lettres autographes de Racine connues du public est celle de Racine à Antoine Rivière, mari de Marie Racine, du 27 octobre 1682 : elle a été exposée dans une vitrine du Musée des lettres et des manuscrits, boulevard Saint-Germain ; elle provient des descendants de la famille de Soissons. La deuxième lettre conservée de Racine à sa sœur est datée du 28 septembre 1683 et provenant de la famille de La Ferté-Milon : elle a été exposée en avril 2014, lors du Salon du livre ancien à Paris et fait partie du fonds de Frédéric Castaing, président du Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne. La troisième lettre autographe conservée est celle qu’a adressée Jean Racine à Marie, le 4 novembre 1686, et provenant de La Ferté-Milon : elle a été proposée à la vente à Paris à l’Hôtel Drouot, par Thierry Bodin, expert, le mardi 7 décembre 2004, n° 203 [28], avec la description suivante : « Jean Racine. L. a. s., Paris 4 novembre [1686], à sa sœur Mademoiselle Rivière, à La Ferté-Milon ; 2 pages, in-8°, adresse, reste de cachet de cire rouge ; on ne sait qui en est désormais le possesseur.

Notes

[1] Trois lettres inédites de Jean Racine (1693). Neerwinde, Paris, Firmin-Didot, 1884, 32 p. : la brochure semble avoir été imprimée à un petit nombre d’exemplaires. Le nom d’Eugène Minoret ne figure qu’à la deuxième page de l’avant-propos, qui commence ainsi : « Voir, à Marly, la Cour de Louis XIV, ressuscitée pour un jour, serait un curieux spectacle. J’ai eu cette bonne fortune ; trois lettres de Racine m’ont donné ce plaisir. »

[2] Étienne Charavay, dans l’avant-propos de son étude : Jean d’Orléans, comte d’Angoulême, Paris, 1876, parle d’Eugène Minoret comme d’« un ami des études historiques » qui s’est chargé « de recueillir pieusement, […], les lettres autographes des hommes illustres ». Minoret aurait possédé des originaux des lettres de Condorcet Turgot (voir Didier Kahn, « Entre les Observations sur Garrick et le Paradoxe sur le Comédien : la version intermédiaire de la copie Lespinasse », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 1995, vol. 18, n° 18-19, p. 233).

[3] Eugène Minoret a procuré une édition de l’ouvrage de l’historien allemand Karl Hillebrand (1829-1884), intitulé : La France et les Français pendant la seconde moitié du XIXe siècle, Paris, 1880 : l’‟Avant-propos du traducteur” (13 pages) est signé : ‟E. Minoret”.

[4] Minoret cite, en outre, le texte d’une lettre d’Antoine-Joseph Arnauld, chevalier de Pomponne, deuxième fils de Simon Arnauld, marquis de Pomponne, datée du 30 juillet 1693 (p. 15-20).

[5] Voir le Journal de Dangeau, t. IV, p. 331.

[6] Voir le texte du billet du maréchal de Luxembourg apporté par d’Artagnan et celui de la lettre transmise par Albergotti, dans Trois lettres inédites de Jean Racine, éd. E. Minoret, respectivement aux p. 20 et 20-22.

[7] Racine, Œuvres, éd. P. Mesnard, nouv. éd., Paris, Hachette, Grands Écrivains de la France, t. VII, 1870, p. 10-11.

[8] Genève, Librairie Droz, 2007, p. 26-27.

[9] Les trois lettres se lisent aux p. 22-25, 25-26, 27-31 de la brochure d’Eugène Minoret. Elles n’ont jamais été publiées depuis 1884. On ne sait ce qu’elles sont devenues. Elles figureront naturellement dans la Correspondance de Jean Racine que je prépare en ce moment pour les éditions Champion.

[10] Le maréchal de Luxembourg avait battu le comte de Tilly, Albert de Tzerclaës, le 15 juillet et pris la ville de Huy le 21, le fort Picard le 22 et le château le 23 (voir lettre de Racine à M. de Bonrepaus, 28 juillet 1693).

[11] Pierre de Montesquiou d’Artagnan (1640-1725), futur maréchal de Montesquiou en 1709.

[12] Anne-Marie de Bourbon, dite Mlle de Blois (1666-1739), fille de Louis XIV et de Louise de La Vallière, femme du prince de Conti.

[13] Racine est alors en relation continuelle avec son ami Boileau-Despréaux.

[14] Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse (1678-1737), fils de Louis XIV et de Mme de Montespan.

[15] Gabriel-Claude, marquis de Villers d’O (1654-1728), gouverneur du comte de Toulouse depuis 1686, menin du duc de Bourgogne en 1699, lieutenant général de la marine en 1707.

[16] Louis d’Oger, marquis de Cavoye (1640-1716), grand maréchal des Logis.

[17] Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé (1643-1709).

[18] Louis III de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, dit Monsieur le Duc (1668-1710), fils du précédent.

[19] Ce sont les deux fils du maréchal de Luxembourg : l’aîné, Charles-François-Frédéric, duc de Montmorency et le cadet, Paul-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, comte de Luxe, et, en 1696, duc de Châtillon (1664-1731).

[20] Charles-Alexandre d’Estaing, abbé de Saillans († 1717), abbé de Saint-Vincent de Senlis depuis 1692.

[21] François-Zénobie-Philippe, comte Albergotti (1654-1717), noble florentin au service de la France, très en faveur auprès de M. de Luxembourg, arriva à Marly le 4 août 1693. Il resta là jusqu’au 15, repartant, selon Dangeau, avec les consignes de Louis XIV pour la suite de la campagne.

[22] Paul, duc de Beauvillier (1648-1714), ministre d’État, est le gouverneur du duc de Bourgogne ; son précepteur est François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715), futur archevêque de Cambrai en 1695.

[23] E. Minoret conjecture qu’il pourrait s’agir de Boileau lui-même (op. cit., p. 29, n. 1).

[24] François Quentin, dit de La Vienne (1630-1710), premier valet de chambre du roi.

[25] Genève, Librairie Droz, 2007, p. 26-27.

[26] « Après la vente, précisent les éditeurs, du Nouveau Drouot, Paris, 29 et 30 octobre 1981, n° 269, avec fac-similé, experts : Th. Bodin P. et J. Chrétien ». Les lettres de Racine ont manifestement été disjointes de celle de Fénelon.

[27] Fénelon demeure alors au château de Noisy-le-Roi, où Louis XIV a envoyé en juillet les aînés de ses petits-fils en raison de l’épidémie de la petite vérole. Il se trouve les 24 et 29 juillet et le 6 août, à Noisy, d’où il écrit plusieurs lettres.

[28] À la p. 86 du catalogue, se trouve une reproduction de la fin de la lettre.


Pour citer l'article :

Jean Lesaulnier, « Trois lettres inédites de Jean Racine, 1693 ».
Publications électroniques de Port-Royal, Série 2014, section des Articles et contributions.

URL: http://melancholia.fr/biblio/?Trois-lettres-inedites-de-Jean.html


Publications électroniques de Port-Royal,
Série 2014

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